Entretien avec l’auteur 2ème partie

Entretien avec l’auteur 2ème partie

Bonjour à toutes et à tous.

Après la parution la semaine dernière du premier épisode, je poursuis cet entretien avec la deuxième série de questions. N’hésitez pas à m’en envoyer d’autres si vous le souhaitez.

 

Quels sont vos futur plans ? 

Je m’attaque à la traduction du roman en Anglais et ensuite bien à la distribution et la promotion dans le monde.

 

Vous traduisez-vous même ?

Oui pour l’Anglais. A vrai dire la vraie difficulté va être de rester fidèle au texte original et de ne pas trop dévier même si j’en ai envie. Ce ne sera pas une traduction ordinaire, réalisée par quelqu’un extérieur au roman. Je pense donc que ce sera également une réécriture. SI vous pouvez lire dans cette langue, il sera sans doute intéressant de lire les deux versions pour en percevoir les différences.

 

Pourquoi venir si tard à l’écriture ?

Beaucoup de gens disent qu’ils ont un livre en eux… mais ils ne le sortent jamais. Je rêvais d’être écrivain depuis très jeune, mais il m’a fallu longtemps avant de me sentir écrivain. C’est différent. Je crois qu’il y a une maturité créatrice et elle n’a pas d’âge. La maturité du conducteur c’est 16 ans, pour voter 18 pour être élu 21… mais pour être créatif, cela dépend vraiment de beaucoup de choses.

 

Qu’est-ce qui vous a aider à atteindre votre maturité créatrice ?

Je crois que c’est un cumul d’évènements. Depuis plusieurs années je travaille à mon compte, c’est plus facile en Angleterre qu’en France mais ça reste difficile et dangereux en un sens. Je n’ai aucune protection sociale, pas de retraite et je ne travaille que de contrat en contrat, donc tout peut s’arrêter du jour au lendemain. Je crois que ça m’a aidé à développer une meilleure confiance en moi, et à renforcer ma propre résilience.

Ensuite, j’ai perdu mon père il y a un peu plus de 2 ans et ça a aussi été un cap, un tournant. Une sorte d’appel d’air. J’ai réalisé que je ne pourrais plus le rendre fier de mes créations, mais au lieu d’abandonner mes rêves, ça les a galvanisés. Comme si je lui devais de prouver au moins à moi-même que je pouvais le faire. Et puis aussi de le montrer à ma famille, même s’il n’est plus là lui- même. Finalement, il n’y a rien de plus efficace que des obsèques pour prendre conscience du temps qui passe.

Et finalement j’ai rencontré ma femme. Elle a une forte confiance en moi, ce qui me pousse à me dépasser. Je ne sais pas si j’aurais jamais écrit sans elle, Peut-être. Mais elle a réellement su sortir mon âme créatrice du repos ou elle végétait.

 

Vous lui avez dédier ce roman.

Oui. Sans elle il n’existerait sans doute pas. L’aventure de l’écriture c’est un effort pour les autres aussi, les proches doivent l’accepter et ce n’est pas toujours facile. C’est une activité assez antisociale finalement. Mais elle a toujours été là. Je peux dire que si j’ai eu des passages de doutes pendant l’écriture… elle, non. Ou alors elle ne me les a pas montrés ce qui est pareil finalement.

 

Pourquoi l’autoédition ?

Essentiellement pour trois raisons. Tout d’abord parce que c’est devenu techniquement possible depuis quelques années. Ensuite parce que de cette façon je garde le contrôle de mon texte et de sa distribution. Enfin et je dirais surtout, parce que l’aventure de l’édition me fascine depuis l’enfance.

 

Et puis ce n’est pas facile de trouver un éditeur traditionnel…

Non, soyons honnête, envoyer un manuscrit aux éditeurs est très douloureux. Ça ne marche presque jamais. Et c’est un moyen de perdre confiance en son travail.  Les éditeurs ne prennent pas de risques, ils ne publieront jamais quelque chose de nouveau. Si vous n’êtes pas une copie de ce qui se vend, ils ne veulent pas de vous. Il est souvent dit que c’est en gros 5 à 10% du catalogue d’un éditeur qui leur rapporte réellement du profit, alors on peut comprendre leur méfiance.

 

Vous êtes également éditeur, pourquoi ce choix ?

Parce que ma passion littéraire couvre à la fois la lecture et l’objet qu’est le livre. Encore adolescent, j’avais contacté plus d’une douzaine d’éditeurs pour mieux comprendre leur rôle. J’ai également visité une imprimerie. La production du livre m’a toujours fascinée.

Et les séances de travail avec ma graphiste sont vraiment passionnantes. On discute des options de présentations du texte, des polices de caractère, ou placer le numéro de pages, etc. C’est une liberté que je n’aurais pas forcement avec un éditeur traditionnel. Par exemple le petit dossier final. J’y tenais beaucoup et je ne sais pas si j’aurais pu pousser cela avec un éditeur. Mais je suis mon propre patron alors bien sûr qu’on l’a fait.

 

Mais alors, pourquoi le livre électronique ?

Il faut bien vivre avec son temps… Et puis j’ai travaillé en informatique toute ma vie adulte, alors je dois quelque chose à ce monde électronique. Il n’y a pas si longtemps, se lancer à compte-d ‘auteur était cher et donc très risqué. Aujourd’hui, c’est plus facile, même si bien sûr les coûts restent élevés. Et ce n’est qu’un autre format, il n’a pas supplanté le papier. Il semble plutôt que les ventes de livres papiers ont augmenté malgré la venue du livre électronique. Les gens aiment tenir un livre entre leurs mains. En tant qu’éditeur, je peux offrir aux lecteurs les 3 options : lire sur un écran, lire sur papier de qualité ou encore écouter.

 

Ecouter ? Vous voulez dire audio-book ?

Oui, exactement. J’ai déjà publié 2 de mes livres en version Audible dont un best-seller et mon roman est actuellement en pleine production.

 

D’où vient l’idée du dossier ?

Je voulais apporter un peu de précision sur quelques détails. Pour la première part, je vis en Angleterre depuis 15 ans et c’est ma vie normale maintenant, mais il y a des éléments peu communs pour la culture française. C’est un peu d’humour aussi, comme la quantité de thé qu’ils arrivent à boire chaque jour ! Pour la partie plus sérieuse, je trouve important d’apporter un peu d’information. Ce que j’ai appris le plus par mon travail et la recherche pour ce roman, c’est que le pourcentage de victimes est considérable ! Mais beaucoup l’ignore. Je trouve important d’apporter quelques informations utiles aux lecteurs. Il y a ceux qui vont l’ignorer, après tout ils voulaient juste un roman… mais il y a les autres.  Un roman est avant tout destiné au loisir de la lecture, mais pour eux qui souhaitent ajouter un peu d’information utiles, il y a les quelques pages du dossier.

Quand je lis un roman sur un sujet intéressant, une fois arrive à la dernière page, je ressens comme une déception de constater qu’il ne reste plus que la couverture…

L’idée d’un dossier final me vient de mon enfance. Il y avait le dessin anime « les mystérieuses cités d’or » dont chaque épisode terminait avec une séquence documentaire de 5 minutes. Je ne saurais dire si je préférais le dessin animes ou ces moments passionnant d’éducation ! Et puis dans les années 80, il y avait également le film du mardi soir qui se prolongeait par un débat. J’ai simplement voulu reprendre cette idée.

 

La deuxième partie du dossier final vous tient particulièrement à cœur ?

Pour la deuxième partie du dossier, c’est bien sûr plus sérieux. Je voulais que ce soit utile. De ma propre expérience à la fois personnelle et professionnelle et après mon travail de recherche pour ce livre, je comprends combien il est difficile de sortir du placard et d’avouer qu’on a été agressé. Cependant, l’actualité récente nous prouve bien que personne n’est à l’abris d’une agression. Je souhaitais établir quelques faits et aider autant que possible. Par exemple je souhaitais combattre l’idée reçue selon laquelle un homme ne peut pas se faire violer. Parce que ce sont de telles idées qui empêchent de nombreuses victimes de trouver l’aide dont ils ont besoin.

Si une personne, après avoir lu mon histoire et le dossier final en venait à trouver le courage d’appeler à l’aide et de s’en sortir, ce serait formidable.

 

 

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