Entretien avec l’auteur

Entretien avec l’auteur

Bonjour à toutes et à tous.

Dans cet article, je vais répondre à quelques questions qui me sont parvenues par commentaire ou message direct.
Si vous souhaitez me poser une question, n’hésitez pas et je promets de répondre au travers de mes articles.

!!! ATTENTION !!!
A travers mes réponses, je vais dévoiler pas mal d’information sur le roman, la trame, les personnages… Si vous ne l’avez pas encore lu, vous souhaiterez sans doute éviter les spoilers.

 

Parce que la vie est ainsi est votre premier roman… pourquoi ce titre ? 

Il y a eu pas mal d’essais et finalement je suis reste accroche à celui-ci. Il a un côté fataliste qui m’intéresse parce que finalement c’est une histoire qui montre qu’on ne contrôle pas tout dans notre vie. Certains évènements se produisent malgré nous. C’est comme ça. Mais on peut réagir et réordonner notre vie à leur suite. En fait c’est positif malgré tout, l’idée c’est de ne pas se perdre trop dans ce que l’on ne contrôle pas et de concentrer son énergie sur ce que l’on peut changer.

 

Quelle est l’histoire ? 

Sans trop donner de détails car je ne veux pas ruiner la joie de la lecture… Il y a 8 ans, Emily, une jeune Londonienne a été victime d’une agression sexuelle en rentrant d’une soirée entre amies. Cette nuit fatidique a bouleversé sa vie. Depuis, elle habite chez ses parents et est de plus en plus torturée par ce souvenir. On la retrouve aujourd’hui toujours en proie à ses démons intérieurs. Avec le support de sa meilleure amie elle essaye de sortir de sa torpeur pour enfin vivre la vie qu’elle mérite.

 

Comment écrivez-vous ? 

Pour ce roman il m’a fallu adopter une discipline nouvelle pour moi : debout tous les matins vers 5:00) pour écrire pendant une bonne heure avant de partir travailler. Et séance d’écriture le soir. Puis quelques weekends de révision du manuscrit.

 

Un petit secret sur la genèse de ce roman à partager avec les lecteurs ? 

La première phrase est également ce que j’ai écris en premier, au tout début de l’idée. Il y a eu par ailleurs beaucoup d’itérations du premier paragraphe, même pendant le travail de typographie, j’ai demandé des changements de dernière minute ! Mais je savais dès le début à quoi la première page ressemblerait. La dernière également…

 

Pourquoi la narration a la troisième personne ?

Un lecteur a exprimé sa déception à lire une narration a la troisième personne. Je peux comprendre, mais je ne me sentais ni l’aisance, ni même le droit de prendre la plume en prétendant être Emily moi-même.  J’ai souhaité conserver un œil extérieur pour explorer et dévoiler cette histoire.

 

La fin.

Voilà bien un point de contentieux… Les avis sont partagés : il y a les lecteurs qui adorent, et ceux qui auraient préféré que tout soit conclus.

J’ai choisi dès le début de laisser la porte ouverte… Emily s’est refaite, et il lui faut un peu de temps pour se remettre dans une histoire sérieuse. Je voulais laisser la place. Mais la place à quoi ? A l’imagination bien sûr. A l’espoir également. Mon roman n’est pas juste une petite fleurette mignonnette, le besoin d’Emily c’est de se sentir en contrôle de sa destinée. En lui laissant tout un choix d’options, je lui reconnais son caractère, sa force, sa détermination. Enfin c’est laisser la porte ouverte à une suite. Pourquoi pas ? Il y a beaucoup d’inconnues… cette histoire que Sarah mentionne en passant, que devient Oliver ? Isabelle reste-t-elle amie avec Sarah ?

J’ai laissé la fin grande ouverte en m’inspirant aussi d’un livre traitant également de la résilience après un drame : Dans « les gens heureux lisent et boivent du café », Agnès Martin-Lugand a laissé son personnage principal, Diane, célibataire – ouvrant ainsi la porte à une suite qui a été je trouve, très réussie. Peut-être n’aurais-je pas dû suivre son modèle… mais je reste sur ma décision.

 

Le premier soir.

Autre point de doutes : Emily part avec Olivier le soir même. Là, je voulais montrer à quel point elle s’engage à fond lorsqu’elle a décidé. De nouveaux, il y a les lecteurs qui aiment et ceux qui trouvent cela irréel. Je peux vous certifier que non, ce n’est pas irréel. N’oublions pas qu’il n’existe aucune règle de réaction après une agression. Chaque victime reste unique, même si des thèmes se dégagent. Mais je peux vous assurer sans le moindre doute que ce scenario de soirée est parfaitement réel.

 

Pourquoi pas plus de scènes sensuelles?

J’ai choisi d’éviter les détails. Quelqu’un m’a envoyé un message perturbant. Il regrettait que la toute première scène ne soit pas décrite, il demandait même des images. Voilà pourquoi je ne suis pas allé sur le terrain d’une grande sensualité. Ce que je voulais c’était ouvrir une fenêtre sur le ressenti d’Emily. Et puis amener progressivement les difficultés d’Olivier sur ce terrain et comment cela participe à l’implosion du couple.  Mais je prends en compte les commentaires pour la suite.

 

D’oú vient votre connaissance du sujet ?

Mon roman traite d’un sujet délicat, j’en suis bien conscient. Depuis un an et demi je travaille au sein d’une organisation dont le but est de comprendre et réduire les abus sexuels dont sont victimes les enfants. Je suis en contact permanent avec des avocats et des psychologues. J’ai également accès très fréquemment a des témoignages de victimes. Tout cela me plonge dans cet univers sombre ou le nombre de victimes de viol et d’agression a de quoi rendre fou. J’ai lu et entendu énormément de témoignages de victimes pour m’aider à formuler mes personnages ; je suis aussi entouré de psychologues spécialistes pour valider certains comportements.

En outre, j’ai eu des contacts personnels avec des victimes de viol. J’ai été exposé à ces accès de colères, à ces comportements soit de décision forte ou d’abandon total.

Je ne suis pas un expert, mais j’ai passé mes idées auprès de ceux que je côtoie pour prendre leur avis.

 

 Ecrivez-vous sous un pseudonyme ? 

Non. Je n’ai pas souhaité de prendre de pseudonyme pour cette histoire. Au contraire, j’ai décidé d’utiliser mon identité la plus complète possible.

 

Comment cela ? 

J’ai combine mes deux prénoms et puis j’ai attaché le nom de ma femme au mien.

 

Votre femme ? 

Oui elle est mon plus fort soutien dans cette aventure. Sans elle ce roman n’existerait sans doute pas. Je sais que la norme sociale est pour un homme de donner son nom à la femme qu’il épouse, mais je n’aime pas cette forme de propriété. Ma femme existe sans moi et n’a pas besoin de mon nom pour créer son identité. En revanche, on peut utiliser le nom de son partenaire pour marquer notre attachement l’un a l’autre plutôt que notre appartenance.

 

C’est plutôt féministe comme idée 

Très bien. Je veux bien être identifié comme féministe. Bien que je sois un homme, il m’est possible de comprendre et de m’attacher à des idées et concepts tels que l’Egalite entre tous et la liberté de choix personnels.

 

Il y a par ailleurs une dimension féministe dans votre roman… 

Je l’espère en tout cas !

Emily est essentiellement une féministe. Elle croit en elle-même et se voit comme à un individu complet qui n’a pas besoin de sa moitié pour exister. Elle est indépendante dans son genre et combat les préjugés habituels. Ce qui lui arrive alors qu’elle est encore jeune est diffèrent de ce que la vie normale offre, mais ça renforce ses vues. Je voulais qu’elle ait cette force et cette résilience indépendamment de ce qui lui arrive. Mes autres personnages vont amener une autre dimension, assez moderne aussi finalement. C’est important je crois de montrer qu’aujourd’hui tout le monde devrait avoir le droit de vivre comme il ou elle le souhaite, sans crainte de la société ou du jugement des autres.

 

A suivre…

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *